Tendoryu

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Thursday, 21 February 2008 16:29
L’AIKIDO TENDORYU

Les Ecoles d’Aïkidô au Japon.

Pendant sa longue existence, entièrement consacrée au développement de ce magnifique art de la Paix qu’est l’Aïkidô, Maître Morihei UESHIBA suscita l’intérêt et la fidélité de nombreux disciples. Beaucoup furent à jamais marqués par leur rencontre avec le Maître, et devinrent eux-mêmes les meilleurs ambassadeurs de son art ; ils essaimèrent en diverses provinces du Japon et parfois même jusqu’à l’étranger, pour répondre au vœu du vieux maître de voir l’Aïkidô se propager à travers le monde.

« Un millier de moines, un millier de religions… »

Chacun, fort parfois de ses expériences antérieures (certains maîtres étaient issus du Jûdô [autre art de la paix magnifiquement construit dont chacun peut malheureusement constater la dérive exclusivement sportive et tant éloignée de l’esprit originel…] ; d’autres, d’antiques écoles d’arts martiaux utilisant les armes, etc.), développa et enseigna un Aïkidô dans lequel transparaissaient sa propre personnalité ainsi que les acquis du passé.

Ajoutées au fait que, en constante évolution, Maître UESHIBA dispensa un enseignement qui pouvait varier sensiblement selon que l’on devenait son disciple en 1920, 30, 40, 50 ou 60…, ces personnalités et expériences variées expliquent le nombre important d’écoles et de tendances (Ryû en japonais. Littéralement : « courant » [d’une rivière, etc.])qui existent dans cet art au Japon. Aucune cependant ne peut prétendre à la suprématie ni à une authenticité exclusive : disons plutôt que chaque adepte, en fonction de ce qu’il recherche, peut s’orienter vers telle ou telle école. La visite des Dôjô étant la solution la plus simple pour faire son choix. C’est une recherche qui peut mener très loin.

Ce que l’on peut dire en revanche, c’est que la multiplicité des écoles et la diversité des styles constituent la richesse de l’Aïkidô ; sur le fond, et même compte tenu des différences techniques ou d’approche existantes, les styles finissent par converger, se recouper, parfois même se retrouver : divers sentiers peuvent mener au même sommet.

Certaines écoles survivront d’elles-mêmes ; une sélection naturelle s’opérera, sans qu’il soit nécessaire ni acceptable d’emprisonner l’Aïkidô dans un cadre strictement défini, l’uniformisant et le menant à l’étouffement : il n’y survivrait pas.

Insistons sur ce point, il doit être compris : l’Aïkidô est multiple dans ses formes, unique dans son esprit. Multiple dans ses manifestations car, comme en musique, une même partition peut-être jouée par des interprètes différents, chacun y faisant passer le fond de son cœur ; si tel n’était pas le cas, et si en particulier la façon de jouer devenait unique, imposée, régentée par tel ou tel interprète officiel exclusif, c’en serait fini de l’expression créatrice qui caractérise toute création artistique, qu’il s’agisse de musique, d’art pictural,… ou d’Aïkidô.

Unique dans son esprit, car c’est au fond la même motivation, le même esprit de recherche qui guide tous les pratiquants à partir d’un certain seuil : la recherche de la pureté du mouvement, dont finira peut-être par découler, après bien des années, la pureté de l’intention, et plus tard, pourquoi pas, celle de l’esprit… Pour un jour retourner à la source, le cœur enrichi par les expériences, l’Aïkidô faisant partie de celles-ci : notre Art a guidé l’existence de générations entières d’adeptes qui, pour certains, sont devenus des maîtres créant à leur tour la soif de pratiquer et de découvrir chez les petits adeptes que nous sommes... Recueillons nous-mêmes le flambeau, et sachons le transmettre à ceux qui viendront après, en veillant à ce que la flamme ne s’éteigne pas.

Pourquoi le Tendôryû ?

A la mort d’O Senseï (« le Grand-Maître » : c’est en ces termes que l’on évoque le fondateur de l’Aïkidô, son nom n’étant habituellement pas prononcé au Japon), et bien que n’étant âgé que de 29 ans, KENJI SHIMIZU, titulaire du 7ème DAN, pressentit le changement de cap que la fondation AIKIKAI n’allait pas tarder à amorcer. Il n’hésita donc pas à prendre ses distances pour enseigner librement, et surtout continuer à travailler dans l’esprit du maître-fondateur, ouvrant son propre Dôjô, auquel il donna bientôt le nom de TENDÔKAN : le Temple de la Voie Céleste.

Maître SHIMIZU constata sans parti pris aucun, comme nous avons pu le faire nous-même en toute objectivité quelques années plus tard, que l’Aïkidô généralement enseigné au Japon et ailleurs était en train de perdre son essence et connaître une dérive sportive prononcée. La merveilleuse méthode patiemment créée par Maître Morihei UESHIBA était reléguée au rang d’un simple sport d’opposition duquel, dans l’esprit comme dans la technique, toute notion d’harmonie était souvent absente… Maître SHIMIZU modifia donc l’appellation de sa pratique en AIKIDÔ TENDÔRYÛ, que l’on peut traduire par : « La Voie de l’Harmonie - Ecole de la Voie Céleste ».

L’appellation même de cette pratique, nullement due au hasard de la pure géographie (l’on se souvient que Maître SHIMIZU était né dans un quartier de Fukuoka portant le nom de Tendô), exclut strictement toute idée de sport, impliquant au contraire une recherche spirituelle approfondie : la Voie Céleste est le chemin pour s’élever.

S’élever au-dessus de sa condition d’homme (ou de femme) de chair, cela supposant que l’âme, intemporelle, précède le corps et lui survit. Ici l’on touche au Spirituel, où toutes les grandes traditions humaines convergent.

Par une pratique régulière et une discipline de tous les instants, l’être humain dépasse ses limites charnelles, faisant fructifier la parcelle de divin qui est en lui. En obéissant strictement à la logique de la spirale et au mouvement naturel, l’homme, à sa modeste échelle de petite poussière de l’Univers, reproduit la spirale en vigueur au sein de l’Infiniment Grand. Un Yogi très avisé nous donna un jour sa définition de l’Aïkidô, bien que ne le pratiquant pas lui-même : « C’est une DANSE COSMIQUE ».

Le mouvement respiratoire prime sur le mouvement physique : il ne seconde pas l’application technique mais la précède. Sans le Souffle, l’Aïkidô n’est que gesticulation ou gymnastique. La respiration génère la Vie, ceci étant vrai aussi pour l’Aïkidô. Respirer, respirer d’abord : le reste vient ensuite. Découvrir, chacun à son rythme, la respiration appropriée lorsque le corps évolue dans l’espace, parfois à une allure très vive. Découvrir, en effet, car respirer ne s’apprend pas : c’est le geste le plus naturel, le plus inné, le premier que l’on effectue à la naissance, et le dernier aussi, car mourir c’est rendre son dernier souffle (notons bien le « rendre »). Il s’agit de canaliser soi-même son souffle pour en devenir maître. Alors, la pratique de l’Aïkidô devient vraiment enrichissante. C’est à partir de ce moment que le stade du mouvement purement physique est dépassé. Tout est alors dirigé par le Souffle, et l’on apprend ainsi à travailler sur l’intention du partenaire davantage que sur une saisie ou une attaque. On dit qu’un très grand maître aimante les attaques, les dirige et les oriente à son propre gré, l’attaquant ne faisant, sans le savoir, qu’obéir aux signaux intuitifs émis naturellement par le maître. Vaste programme…

Réaliser la Grande Unité, ne faire plus qu’UN avec l’Immensité, tel est le sens des célèbres paroles d’O Senseï si souvent rapportées : « Utchû Sokuga », Je SUIS l’Univers…

Pour le lecteur non-averti, nous tenterons ici une brève explication de ce propos : Je SUIS l’Univers, car dans ma façon d’être et d’agir, je ne contrarie jamais l’ordre des choses, et me contente, dans l’action, de reproduire le mouvement naturel. Tel est le sens de l’Aïkidô.

L’Aïkidô, c’est l’harmonie des forces, des souffles et des intentions, qui doit conduire l’adepte à se découvrir de l’intérieur et l’amener progressivement à entrevoir la réponse, non formulable par le verbe, aux éternelles questions que se pose naturellement l’être humain : Qui suis-je ?… et où vais-je ?…

Chacun avançant sur son propre chemin, nous n’apporterons ni secret, ni remède miracle, mais encouragerons l’adepte à poursuivre sa pratique, toujours dans le même esprit de recherche de la souplesse et de la fluidité.

La quête, spirituelle, passe par le corps, comme le souffle passe par le tube de l’instrument de musique pour produire un son. Le corps, magnifié et anobli par la pratique, devient un outil de recherche ; un outil si parfait qu’il permet d’éprouver d’inoubliables sensations et accéder à l’harmonie du corps et de l’esprit : l’homme est alors apte à utiliser le maximum de ses potentialités, par l’unité du physique et du spirituel. C’est le chemin direct vers la transcendance.

Telle est la profondeur de l’Aïkidô, qui dépasse comme on le voit la banale technique de défense, qu’il doit pourtant savoir être si la nécessité en survenait. Sans être obnubilé par ce point…

A ceux qui souhaitent en savoir plus, nous recommandons la pratique, sous la sage direction d’un bon maître. La visite des Dôjô étant le seule façon de se faire une idée : n’hésitons pas à prendre le bâton du pèlerin, et fions-nous à notre intuition plutôt qu’aux réputations fabriquées. Ce qui est vrai et juste apparaît tel aux yeux du cœur.

Ensuite, il n’y a plus qu’à pratiquer. L’Aïkidô ne s’apprend pas : il se pratique.

Le est la Voie dans les arts martiaux japonais : celle qui mène à la pleine réalisation de soi. L’expérience personnelle et le vécu sont irremplaçables. Nul ne peut cheminer sur la Voie à notre place, et surtout le temps n’a aucune importance : c’est sur des dizaines d’années que l’on découvre progressivement la richesse de l’Aïkidô. Nous avons toute la vie pour apprendre ! Sans date-butoir, sans compétition, sans titre à décrocher, sans but physique à atteindre… Sans distinction d’aucune sorte à attendre, non plus : le plaisir de la pratique et les bienfaits (physiques et intérieurs) qu’il procure se suffisent à eux-mêmes. On peut garder la ceinture blanche pendant toute une vie (cf. le fondateur de l’Aïkidô); car qu’importe la couleur ? La « noire » est illusion : beaucoup pensent qu’il s’agit d’un aboutissement, alors qu’il ne s’agit que d’un début. A un niveau plus élevé, évitons de donner dans le ridicule : la rubalise se porte mal sous le hakama, car ses couleurs tranchent, et de plus qu’est-elle, sinon la satisfaction d’un élémentaire ego ? N’oublions jamais que l’ennemi à vaincre, il est en chacun de nous : c’est précisément cet ego. Il faut apprendre à se détacher de toute illusion, car, pour reprendre une phrase du maître Morihei UESHIBA, l’Aïkidô est la pure expression de la Vérité (Aïkidô wa shinjitsu sono mono no arawaré dé aru - cité dans « AIKIDO », éditions Kôdansha, Tôkyô, 1955, par K. UESHIBA).

L’essentiel, c’est donc de pratiquer, de découvrir, et d’y prendre du plaisir. Celui qui gravit la montagne pas à pas découvre progressivement un panorama insoupçonné. Soyons nous-mêmes les Pèlerins de la Voie. Pratiquons, pratiquons encore, pratiquons toujours, et faisons nôtre la sage maxime qui nous enseigne qu’ « Il faut cultiver notre Jardin ».


Last Updated ( Sunday, 30 March 2008 15:11 )
 
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