Tendoryu

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La grande soirée 18 octobre 2009 PDF Print E-mail
  
Monday, 26 October 2009 15:58

  TENDÔRYÛ: La Grande Soirée

                           du Dimanche 18 octobre
                                                    Texte de Laurie PACE
 
J'y étais moi aussi! Et, pardonnez-moi mais, au nom de la pluralité des impressions et des intervenants, je ravis la plume de notre Professeur afin de vous faire entendre un son de cloche un peu différent; quelque peu discordant, peut-être?
 
Et d'emblée, je relève un oubli de taille dans le compte-rendu de Stage publié plus haut: en effet, la Belgique était également de la partie, représentée par ses plus illustres Aïkidôkas: Jos VAN ROY et Paco GARCIA BARRADO. L'oubli était de taille, même si le fait que ces deux très grands de notre Art aient formé tous les professeurs Tendôryû des Pays-Bas les ait fait assimiler un peu hâtivement comme néerlandais.
 
 Le déjeuner "d'au revoir", sur lequel se terminait l'article de Pascal, marquait la fin du séjour de la plupart des élèves; nous restions cependant trois sur place, pour participer à la Soirée organisée au Ginza Aster de Sangen Jaya, en face du Dôjô, de l'autre côté de la route nationale suspendue 246.
 
Nous nous présentions donc à 17h20, Pascal, moi-même, et son amie et confidente de toujours, Mlle. TAKANO (leur amitié remonte à plus de 20 ans déjà, et si j'ai bien compris, elle est un peu le Petit Soleil de sa vie).
 
Nous étions deux à avoir suivi le Stage; l'entrée à la Soirée nous était donc offerte. En revanche, pour la troisième personne, et bien que le comité d'accueil nous ait signifié que l'entrée était libre avec une certaine insistance, certaine personne fort influente se permit d'intervenir, avec tout autant d'insistance, pour les prier d'encaisser 8000 yens (environ 55 de nos euros), somme que dans son empressement elle déclama trois fois à voix très haute. Cela faisait bien... Pascal ayant coincé son énorme cigare entre ses lèvres pour sortir son crapaud de sa poche et acquitter le droit d'entrée de son invitée, nous sommes admis (çà y est? on peut y aller? Vous êtes sûrs? ouf!) dans le hall.
 
Je parle d'un cigare pour la beauté de la scène, quoiqu'en vérité il n'y en eût pas; mais le lecteur imaginera plus aisément le cocasse de la situation si l'on ajoute ce détail amusant et fictif. Et puis, ne vaut-il pas mieux en rire?
 
Le temps d'échanger des salutations avec de nombreux pratiquants de tous pays, en attendant le début des festivités; certains amis de longue date ont un air pincé et gêné, comme si le fait d'échanger des propos avec nous était d'une façon ou d'une autre compromettant (???). Mais, que l'on se rassure, ce n'est pas le cas de tout le monde. J'assisterai médusée à un sacré spectacle: un très ancien et très âgé pratiquant du Tendôkan vient nous congratuler en pleurant, évoquant les inoubliables séances d'entraînement qu'il connut jadis avec notre Pascal, lequel se trouve bien gêné de faire ainsi pleurer le vieil homme en public!
 
Ici se délite de la façon la plus absolue une légende que l'on m'avait inculquée voici des années à propos des Japonais: un homme, m'avait-on dit, ne pleure jamais en public, autrement il est un faible, une loque. Qu'il me soit permis d'affirmer que notre vieux pratiquant, que j'avais testé lors des entraînements, n'en est absolument pas!
 
Après quelques minutes, rebelotte: cette fois, c'est un VIP, qui fait partie des rares personnes autorisées à avoir une place assise juste devant la scène aénagée pour la démonstration (les autres étant relégués debout à l'arrière-plan quel que soit leur âge), qui se lève précipitamment de table et vient étreindre Pascal, le prenant à bras le corps pour verser de chaudes larmes de retrouvailles sur le poitrail de notre Professeur qui ne sait décidément plus où se mettre! La scène a quelque chose de comique (pardon!), mais elle est très remarquée. Peut-être n'est-elle pas du goût de tout le monde?
 
Renseignement pris, il s'agissait d'un très, très ancien pratiquant de l'Aïkikaï (qui avait même connu Ô Sensei), où Pascal, on l'oublie trop souvent, passa quatre années à s'entraîner avant sa rencontre avec Maître SHIMIZU; quatre années durant lesquelles il suivit assidûment les entraînements de Maître Kisshômaru UESHIBA, qui le prenait régulièrement comme Uké, et aussi de quelques autres professeurs dont l'actuel Dôshu (petit-fils du Fondateur).
 
Un verre de thé brûlant, encore de ce fameux Hôjicha au ton bruni, car la feuille a été grillée, et voici venue l'heure de débuter la cérémonie. Deux dames en kimono jouent de la musique, l'une est au koto (grande contrebasse rectangulaire posée sur le sol, au son vibrant et plaintif), que l'on appelle au Japon O koto (le "o" étant un préfixe de distinction); l'autre joue du Shakuhachi (flûte japonaise) pour le plus grand plaisir des messieurs. Pendant toute la durée de la soirée, celle qui joue du Koto gardera un sourire léger qui lui plisse les joues, et même en la contemplant de loin je me demanderai comment elle fait pour conserver aussi longtemps une telle expression, qui doit nécessiter une pratique aussi longue que celle de son instrument dont elle joue merveilleusement bien.
 
Le Sensei s'avance sur la scène, et entame une brève allocution qui ne nous parvient que par bribes, car comme souvent en pareille circonstance, le micro fait défaut, grésille, se coupe en milieu de phrase... On comprendra cependant que Maître SHIMIZU, à la voix peu portante peut-être du fait d'une certaine émotion, qualifie ce jour de "plus beau jour depuis 40 ans qu'il a ouvert [son] Dôjô", en contemplant l'assistance nombreuse et variée réunie ce soir pour lui faire hommage.
 
Les propos du Sensei, comme de tous les  intervenants (et ils sont nombreux), sont traduits en américain (nuance) par un grand gaillard qui a une tête de premier de la classe (l'expression est de nos élèves, qui adorent attribuer des surnoms). L'approximation avec laquelle les propos sont traduits cassent parfois l'effet escompté: un politicard local ayant évoqué son lointain passé aux côtés de Maître SHIMIZU, "alors que nous étions tous deux de très séduisants jeunes hommes", le propos sera traduit par "quand SHIMIZU était un beau jeune homme"; ce n'est pas la même chose... Et ainsi de suite.
 
Ensuite, c'est un défilé de célébrités inconnues: des députés de la 18ème circonscription de l'arrondissement ou de ce qui s'y apparente, que l'on croirait en pleine campagne électorale, se succèdent pour clamer bien haut qu'ils n'y connaissent rien à l'Aïkidô, mais que, c'est sûr, au fond les buts recherchés sont absolument semblables à ceux qu'eux-mêmes se proposent d'atteindre, s'ils sont élus ou réélus, bien sûr; donc, messieurs-dames, à l'occasion des prochaines échéances, n'est-ce pas, votez pour qui vous voulez, mais votez pour moi...
 
Ils auraient été priés de prendre la parole à l'Amicale de Scrabble ou de Pêche à la Ligne, qu'ils auraient sorti exactement les mêmes propos. Le public en avait marre d'applaudir, quoique mollement, et à chaque fois il y en avait un nouveau qui se pressait devant le micro en promettant de faire court, et cela repartait: et patati...
 
Un homme qui semblait être d'une certaine importance (c'est du moins ce qu'il semblait vouloir dire) et qui avait d'ailleurs gratifié le fascicule du souvenir des 40 ans d'une lettre dans laquelle il vantait ses souvenirs aux côtés d'hommes politiques passés (le Premier Ministre TANAKA, contemporain de Charles de GAULLE), regrettait amèrement de n'avoir pas pu suivre le Stage à Izu, ses très hautes responsabilités l'ayant retenu ailleurs; il appartenait, c'est vrai, à cette catégorie de gens que l'on n'a jamais vus sur un tatami, et qui se produisent en déclarations insistantes sur les bienfaits de l'Aïkidô. "Faites de l'Aïkidô, et vous serez un jour comme moi..." Non, là, je deviens malveillante.
 
La démonstration commença. D'abord, les enfants, des 8-10 ans, et franchement nos petits O-zozo-Phoriciens n'ont pas à rougir, même ceux qui ont commencé en septembre de cette année; mais enfin soyons indulgents avec les bambins, qui ont tout de même tenu leur rôle pendant les deux minutes et trente-huit secondes qui leur étaient allouées.
 
Ensuite, les deux lieutenants de Maître SHIMIZU: NAGAI Sensei et Waka Sensei se projetèrent chacun leur tour; NAGAI commença, et peut-être le désir de faire vite et mieux l'empêcha-t-il d'accéder à cette fluidité si souhaitable en Aïkidô, qu'il sait pourtant démontrer, lorsqu'il enseigne, par exemple. Waka Sensei fit plus court encore, et au total il n'y eut pas de grande originalité dans la démonstration de ces deux anciens. Juste une sorte de resucée des fêtes du Dôjô ou Kagami Biraki où on les voyait l'an passé, ou bien celui d'avant je ne sais plus, placer des techniques sans surprises: cela commençait par un Koté gaeshi, puis un kokyû en Sokumen Irimi, puis un koshi Nagé, puis un Irimi Nagé, puis une main au menton en Atémi Nagé, et vice versa.
 
La démonstration du Sensei vint ensuite. Le tatami, grand comme un mouchoir de poche (ce qui est compréhensible car le lieu était une salle de restaurant), ne permettait peut-être pas de grandes évolutions; mais le sensei se borna à démontrer des techniques sur deux partenaires le saisissant,(pratique très aléatoire tout de même car elle requiert beaucoup de bonne volonté des deux Uké), et l'on peut regretter que ce type de waza ne soit pas ce qu'il y a de plus caractéristique en Aïkidô. De même, il démontra ensuite à deux reprises sur un seul partenaire un exemple de sutemi waza, ces techniques où l'on se jette au sol en projetant le partenaire au-dessus de soi, et là encore il ne s'agit pas des techniques les plus classiques.
 
Après vint le moment de se restaurer, avant que la salle ne retentisse de nouveaux discours que plus personne n'écoutait: la loi du ventre régnait dès lors que l'on avait signalé le déclenchement des hostilités. Il s'agissait avant tout de se saisir d'une assiette, et fort heureusement il y en avait pour tout le monde. Mlle TAKANO, très prévenante et toujours présente, remplissait l'assiette de notre Pascal, trop occupé qu'il était à répondre aux nombreuses sollicitations dont il était l'objet. Il n'est jusqu'à la jolie jeune femme de chez IWATA, célèbre fabricant de Dôgi, qui à plusieurs reprises est venue s'entretenir avec lui, sans que l'on saisisse très bien le sens de sa démarche.
 
Je serai témoin de deux scènes, entre autres, que je ne résiste pas à vous raconter. Le Sensei ayant repris la parole au cours de la soirée pour conter une anecdote, Pascal se penche à l'oreille de son voisin allemand, et lui murmure en anglais, mais assez fort pour que je puisse l'entendre moi qui étais deux mètres plus loin: "Cela doit faire la cent trente-deuxième fois qu'il nous la raconte"; or, devinez qui se trouvait juste devant lui, et qui se retourna pour le gratifier d'un regard bienveillant? La femme du Sensei...
 
En parlant avec un très, très ancien pratiquant qui n'avait pas fait acte de présence au Dôjô depuis de nombreuses années, notre Professeur s'enquiert: "Ah, bon, tu es tout de même encore en contact avec le Sensei, alors? Ne te voyant plus, je craignais le pire..." Et l'autre de répondre: "Daijôbu, daijôôôôbu! On ne me la fait pas, à moi! Que crois-tu, j'ai cinquante années d'expérience, ningen wa dekitemasu kara! ("je suis un homme bien construit"). Le Sensei, c'est vrai, n'est pas un homme facile; et puis, vider les gens, c'est trancher net, ce qui évite de résoudre les problèmes, hein?!" Et les deux amis de partir d'un grand rire.
 
Un vieil homme au crâne lisse et luisant, portant une belle moustache blanche, intervient un peu plus tard. Pascal, qui connaît tout le monde, me le nomme: Nobuyuki WATANABE, qui enseigne à l'Aïkikaï. Apparemment, notre Professeur a suivi son enseignement en arrivant au Japon. Son style enveloppé et rond répondait bien à son attente... au début." L'aspect bourru de l'homme tranchait avec la souplesse de sa pratique; cependant après quelques semaines, il s'avéra clair que le Sensei remplissait une obligation en venant enseigner. Il démontrait toujours les mêmes techniques, dans le même ordre, sans jamais la moindre nouveauté ou la moindre variation dans l'enseignement. A la longue, cela devient lassant. Etant donné qu'il donnait trois cours à la suite le samedi, si l'on suivait les trois cours, on faisait trois fois exactement la même chose. Si l'on agissait comme cela chez nous, le succès serait garanti..." Pascal, langue de vipère? Oh, non!...
 
En conclusion, ce fut une belle soirée, très enrichissante de par les nombreuses rencontres qu'elle permit; nous n'avons pas regretté d'allonger notre séjour pour pouvoir y participer, car ce n'est pas dans le cadre de l'entraînement que l'on peut aisément s'entretenir ainsi avec des personnes que l'on connaît parfois depuis fort longtemps. Le seul regret que l'on puisse avoir, c'est qu'elle n'ait pas été l'occasion de clarifier les choses sur les intentions précises du Sensei et surtout de son entourage à propos de cette organisation planétaire qu'ils ont à coeur de mettre en route à présent. Bien des questions subsistent...
 
Laurie PACE.
 
Le commentaire de Pascal:
Chère Laurie,,,
 
Et c'est moi que vous traitez de langue de vipère??? Allons, allons, soyons sérieux.
Je ne partage pas, loin de là, toutes vos analyses; mais puisque vous avez insisté pour vous exprimer sur votre expérience, soit.
 
Euh... Nous étudierons, lors de la prochaine réunion de bureau, l'éventualité de vous rétrograder au 4ème kyû. Quant à votre 1er Dan, ma chère, je crois qu'il faudra vous faire oublier pour pouvoir espérer l'obtenir un jour...
 
Un conseil: avoir son franc-parler, c'est bien, mais le langage diplomatique permet parfois d'exprimer les choses avec plus de ... douceur.
 
Vous conservez toute mon amitié, et veuillez agréer, etc.
 

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