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L'Aïkidô, Art accompli ! PDF Print E-mail
Thursday, 07 January 2010 16:11
La Musique des Corps et des Âmes
 
(Suite du Conte d'Harmonie)
 
Le tournant fut promptement pris. La fréquentation mensuelle des stages de Maître NORO me remplissait d'enthousiasme, tant la fluidité et l'apparente perfection de son travail laissaient rêveur. Je m'inscrivis même aux cours réguliers de son Institut (et non pas Dôjô...) pendant quelques mois, tout en continuant l'apprentissage dans mon club d'origine. L'entrée de plain pied dans l'univers de l'Institut NORO ne fut pas aussi profitable que je l'aurais pensé; c'est ce qui fit que je n'y demeurai que peu de temps. En venant aux stages mensuels, j'étais visiteur externe, avec la liberté que cela induit; or, une fois inscrit aux cours réguliers, je devenais membre, acceptant le système tel qu'il était en vigueur dans cette école que je ne saurais cependant critiquer.
 
Disons simplement que la progression par "initiations", comme mentionné dans l'article précédent, ne permettait pas à l'élève d'accéder aux cours même légèrement supérieurs au niveau qui lui était imparti. Cette absence de souplesse, si elle partait certainement de l'intention louable de prévenir toute anarchie (et en même temps de ne pas tout révéler d'un seul trait au novice?), laissait quand même sur sa faim le jeune pratiquant avide de découvertes et d'expression que j'étais. Cela convenait aux pratiquants qui venaient faire leur heure hebdomadaire d'Aïkidô; cela laissait sur sa faim le jeune loup qui, ayant grandi dans l'Aïkidô, avait parfois eu accès à des techniques qui étaient supérieures à son niveau, ce qui lui avait sacrément ouvert l'appétit... Certaines ne m'avaient été montrées qu'une seule fois, ou bien j'avais servi de Uké à un ancien, et ainsi pu entrevoir telle ou telle technique de façon prématurée. Chose infiniment salutaire, car la Connaissancee demande un long temps de gestation avant que de pouvoir éclore: dix ans, vingt, peut-être trente ou davantage... C'est là le principe de l'apprentissage.
 
Je cessai de suivre l'enseignement du Maître lorsque celui-ci transforma sa pratique en un Art nouvellement créé, le Ki-no-Michi (KINOMICHI). J'invite le lecteur désireux d'en savoir plus à faire ses propres recherches sur le sujet.
 
Comment traduire ce nom sans en déformer le sens? Transcrire le terme Aï-Ki-Dô en français est déjà une gageure. Le KI n'a plus d'équivalent dans notre vocabulaire, depuis que nous ne savons exprimer que ce qui se met en tubes ou en équations, dans une langue où le simple Rêve n'a plus sa place ("Les Français sont des cartésiens qui n'ont pas lu Descartes", aurait dit Jean Cocteau; cela résume bien la question). 
 
Il est pourtant question d'un principe équivalent dans bien des textes anciens. Que seraient donc le Spiritus mundi, la "manne céleste" que certains reconnaîtront?... Le principe peut être indifféremment appelé Quatrième Dimension ou "Force mystérieuse qui anime la matière". Phénomène impalpable, et pourtant bien existant, autrement nous ne serions pas là, ni rien de ce qui nous entoure! Quant à mettre la main dessus... Il faut chercher, chercher, chercher encore et toujours, pour s'affranchir des limites que notre esprit s'est imposées, en gardant comme règle d'or que, en se heurtant à une difficulté, il convient de n'observer et ne suivre que la Nature.
 
Après cette digression nécessaire sur le KI, revenons à notre propos initial. Sans porter de jugement sur cette évolution très personnelle d'un homme supérieurement doué et tout empreint de l'enseignement de Ô Sensei (Maître NORO, dans sa mise, sa façon d'être, de se mouvoir, le hakama blanc suivant avec élégance son mouvement lorsqu'il marche; cette force contenue dans un si petit homme, prête à fuser dès qu'il est en action, évoquant irrésistiblement Maître UESHIBA...), l'Aïkidô, ma passion d'origine, ne m'avait encore (et toujours pas!) livré tous ses secrets. Il ne m'intéressait donc nullement de glisser d'un Art à l'autre.
 
L'Aïkidô de Maître NORO était l'expression même de la perfection. L'harmonie, la spirale, la Vie même qu'il savait réincruder aux Waza, la puissance, la beauté de l'action, tout concourait à en faire un spectacle que l'on ne se lassait pas d'admirer. Un Shihô Nagé puissant et enroulé du Maître évoquait en mon esprit le troisième mouvement du Concerto de Vivaldi "l'Automne". J'entends bien sûr ce concerto joué par un orchestre classique digne de ce nom, pas de ces "baroqueux" qui, sous prétexte de jouer "à l'ancienne", font sonner les violons comme des crécelles, et nous servent une musique qui n'a pas de "pêche"... Je citerai comme exemple d'interprétation, le magnifique disque déjà fort ancien enregistré par Claudio SCIMONE et I Solisti Veneti, où la musique vivaldienne prend une dimension quasi symphonique.
 
La perfection oui, assurément...
 
Lorsque tout est là, qui oserait s'essayer à "améliorer" une pièce de musique déjà parfaite ( par - faite ) ? Bien sûr, bien sûr, il y a la nécessaire liberté d'interprétation conférée à chacun, sous réserve du strict respect de la partition. A moins de s'estimer supérieur au génie mozartien, qui oserait retoucher le Confutatis de son Requiem, ou le premier mouvement de son 19ème concerto pour piano (joué par Clara Haskil de préférence); qui oserait retoucher les 19 premières mesures de la 3ème symphonie de Beethoven (enregistrement KARAJAN svp!), avec bien sûr les deux premiers "coups d'envoi", pleins, puissants, majestueux sans être lourds, résonnant sans vous assourdir , et bien sûr parfaitement rythmés: l'audition des deux premières secondes de la Symphonie Héroïque permet de savoir si l'interprétation en est bonne ou si elle est à mettre au panier. Paradoxalement, certaines "petites" collections comme les Chefs d'Oeuvre de l'Histoire de la Musique servent des versions tout à fait honorables, alors que des chefs réputés (par qui?) tombent dans des interprétations personnelles: ce n'est plus du Beethoven, c'est du X ou Y. Cela ne vous rappelle rien?...
 
Pourquoi évoquer ces exemples musicaux, si ce n'est pour oser un parallèle entre la Musique et notre Art merveilleux, lui-même Musique des Corps et des Âmes...
 
L'Aïkidô, comme la musique citée plus haut, est un Art accompli. Ceci exclut tout processus de développement, car ce qui est accompli est par - fait, et donc prétendre l'améliorer ne peut mener qu'à son amoindrissement, voire à son avilissement, et à le séparer de son support spirituel (l'intention précédant l'action, ce support lui est indissociable sinon l'on retombe dans la dualité,dont l'Aïkidô est exempt). Quel que soit le nom attribué à ce support: KI, KOKYÛ, Seishin (Esprit); esprit, attitude mentale, approche, substrat philosophique, éthique, étiquette, raison d'être (mot magnifique, employé tel quel, mais oui! dans bien des idiomes de notre Terre)... "Raison d'être", vraiment, car si l'Aïkidô était une enième méthode de défense ou autre, il la perdrait assurément, son but étant infiniment plus élevé que mettre "un bonhomme par terre".
 
A tous les pratiquants de toutes les Ecoles d'Aïkidô, je formule des Voeux de Santé et de Bonheur illimité, sur le tatami, à découvrir la Voie d'Harmonie de Maître Ueshiba.
 
Pascal OLIVIER.
 

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