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Gala d'ouverture du FIPAM le 19 novembre 09 PDF Print E-mail
  
Thursday, 26 November 2009 14:23
GALA D'OUVERTURE DU FIPAM:
Fonds International pour la Préservation des Arts Martiaux

 
Nous y étions! A l'invitation d'un grand Sensei membre du Conseil des Sages de ladite toute nouvelle institution, nous sommes arrivés, Pascal OLIVIER et moi-même, à 18h40; prévoyant les difficultés évidentes de stationnement dans le quartier des Halles-Montorgueil, très largement piétonnier, le véhicule avait été laissé à Saint-Mandé. Un coup de métro, et hop! nous voilà au gymnase Léopold Bellan presque avant tout le monde.
 
Nous en serons quittes pour poireauter en écoutant de la musique synthétique des années 70, diffusée largement pendant la longue attente. La soirée était censée commencer à 19h; elle sera inaugurée à 20h, car il aura fallu attendre jusqu'à la dernière limite les retardataires parfois illustres qui n'avaient pas prévu de laisser leur voiture suffisamment loin du lieu des festivités...
 
Les rangs, clairsemés jusqu'à la dernière limite et même au-delà, étaient occupés autour de nous par des groupes de messieurs cravatés et bon chic, bon genre. Pour un peu, on se serait cru à une soirée électorale du RPR, non, je rigole, allons, ne nous prenons pas trop au sérieux.
 
Pendant que notre professeur consulte d'un oeil ayant tendance à la myopie ("Mais non! Je vois très bien!" dit-il, piqué au vif, quand on lui fait la remarque) la brochure remise à l'entrée, je tends l'oreille pour percevoir ce qui se dit derrière nous. Point n'est besoin d'ailleurs de les trop étirer: les propos sont tenus suffisamment fort pour être entendus jusqu'assez loin. Parle-t-on d'arts martiaux? Pas précisément.
 
Un monsieur qui ressemble un peu à Michel JOBERT raconte complaisamment comment il a envoyé balader un gendarme qui l'avait pincé à 78km/h au lieu de 50; à l'en croire, le pandorre était empressé à lui obéir quand il lui intimait l'ordre de faire vite car il était lui-même pressé; il démarre en trombe devant notre militaire désabusé qui le regarde bouche bée et les bras ballants d'impuissance... J'aurais aimé assister à la scène, la version vraie étant peut-être légèrement différente de celle donnée ce soir.
 
Son voisin, ne souhaitant pas demeurer en reste, surenchérit en contant la façon dont il avait envoyé balader un notaire, ou un huissier je ne sais plus, en le tutoyant s'il-vous-plaît (oh, non! Pas çà!...)! Le drôle avait osé s'acquitter de l'ingrate tâche de venir lui présenter un reliquât de contraventions à payer, dont le solde s'élevait à cent mille francs (anciens? Nouveaux? Bah, qu'importe...). Là aussi, il faudrait faire publier la recette qui ne manquera pas d'intéresser des millions de contribuables; mais pour l'heure, rassurons-nous en nous disant qu'avec de tels caïds, la France ne risque rien. Elle est même plutôt bien défendue!
 
Plus loin, un groupe de vieux complote. "Tout a toujours très mal marché", dit l'un. "C'est sûr, tout était mieux avant", enchaîne son compagnon. "Quand je pense qu'un de ces jours, nous ne serons plus là pour redresser les torts...", dit un troisième; et les quatre Anciens de lever les yeux au ciel en se mordant la lèvre inférieure et en secouant les mains comme après s'être brûlés. Le dernier d'entre eux susurre d'une voix de basse que l'on entend à l'autre bout de la salle, qu'il a écrit 10 livres sur le Budô, qu'il sait de quoi il parle; quand viendra son tour de s'exprimer au micro, car c'est une sommité, il tiendra d'un ton très sûr les mêmes propos, assortis de l'histoire des cinq premières ceintures noires de Jûdô de France. L'assistance retient son souffle en entendant évoquer des histoires datant des années trente. Et je quitterai la salle en regardant le sol tant la honte est grande de n'avoir pas retenu les noms illustres de ceux qui ont tracé le premiers la Voie.
 
La soirée peut enfin commencer. Un homme qui ne se présente pas, comme si tout le monde était parfaitement au fait, se lance dans un premier discours; un second qui ne dévoile pas davantage son identité mais s'exprime d'un air entendu s'avérera être l'instigateur du projet. Si, comme nous l'enseigne à l'envi notre professeur, l'étiquette est le B.A. BA du Budô (l'on commence par saluer en entrant dans le Dôjô; l'on s'habille après être passé à la douche, on fait le noeud de ceinture correctement, et l'on resalue, en montant sur le tatami, en position seïza après avoir effectué quelques profondes inspirations, etc), la moindre des choses serait de se présenter d'une part, et de ne pas écorcher les noms des personnes et des arts que l'on mentionne!
 
En effet, pendant toute la soirée, nous avons entendu prononcer "Jû-JITSU", alors que le terme exact est Jû-JUTSU, chose non sans importance car les mots doivent signifier ce qu'ils désignent; de même, l'on entendra les témoins appelés à la barre citer le pionnier du Jûdô (à ne surtout pas prononcer "jus d'eau", SVP!) en France en le nommant "KAWASHI", alors que son nom était KAWA-ISHI (qui signifie "pierre de rivière"), le reste étant à l'avenant. C'est ce qui s'appelle partir d'un mauvais pied!
 
L'on nous présente ensuite un large extrait (26 mn) du film de Michel RANDOM, "les Arts Martiaux", certes pas sans intérêt mais qui commence à faire date (1970); tout pratiquant l'aura visionné au moins cinq fois, si ce n'est plus. La quasi-totalité des experts qui y apparaissent ont quitté ce monde depuis un certain temps, même si le témoignage que nous a laissé M. RANDOM représente une très grande valeur culturelle.
 
Le discours improvisé qu'a prononcé Maître FLOQUET, fondateur de l'Aïki-Budô, était à retenir car il insistait sur l'idée, dans le respect de ce que chacun fait (cette fameuse diversité tant prônée aujourd'hui dans d'autres secteurs); c'était d'ailleurs l'idée motrice, si j'ai bien compris, de ce fonds nouvellement créé: permettre aux différents courants de toutes les disciplines de co-exister sans qu'il soit octroyé de monopole à qui que ce soit; sans non plus que les membres de l'institution soient à même de porter des jugements les uns sur les autres. Idée noble, dont on ne peut que souhaiter qu'elle sera suivie d'effet
 
Et en... effet, la soirée aura au total donné un bel exemple de ce que devrait être (ou devra être dorénavant? On peut l'espérer, car nous sommes dans un monde changeant, à l'aube peut-être d'une modification de l'échelle des valeurs: certains empires n'ont-ils pas commencé à se fendiller dangereusement?) la co-existence pacifique entre les adeptes des différents arts (parfois d'un même art divisé en multiples tendances, ce qui n'ayons pas peur de le dire est salutaire!) qui tendent tous vers les mêmes sommets: amélioration des qualités humaines, et parmi celles-ci le développement de l'amour compassionnel tant prôné par le Maître-Fondateur de l'Aïkidô.
 
En ce sens l'aventure mérite largement d'être tentée; n'y avait-il pas dans la salle, ne serait-ce que pour notre art, le représentant de la plupart des courants d'Aikido existants? Les uns et les autres discutant le coup un verre à la main dans la très exigüe salle de restaurant où l'assemblée se retrouva une fois la présentation du projet terminée; ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à un tel spectacle! Une fois sortis Pascal m'a d'ailleurs avoué qu'il avait adhéré immédiatement au projet avant même d'avoir assisté à la soirée tant l'idée lui semblait à soutenir.
 
Eh bien, soit! Tentons l'aventure; et, au passage, que l'on me pardonne mes propos digressifs (je n'ai fait que mon travail de reporter), nullement destinés à porter atteinte aux célèbres inconnus dont il est fait mention. Longue vie, donc, à cette institution, dont on trouvera sans peine je pense, les coordonnées sur Internet: FIPAM, 20, rue des Petits-Champs, 75001 Paris.
Last Updated ( Thursday, 26 November 2009 14:28 )
 

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